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À partir de l’été 1940, l’occupation allemande et le régime de Vichy instaurent dans l’Aisne une politique systématique de persécutions. Les premières mesures frappent francs-maçons et Juifs, exclus de la vie publique, dépouillés de leurs biens et soumis à l’action du Commissariat général aux questions juives. Très tôt, la répression prend la forme d’arrestations, d’internements et de condamnations prononcées par les tribunaux militaires allemands, visant en priorité communistes, résistants et réfractaires au travail obligatoire.
À partir de 1941-42, le décret Nacht und Nebel fait régner une terreur absolue : disparaître sans laisser de traces devient une menace courante pour tous ceux suspectés d’opposition. Dans l’Aisne, comme ailleurs, la répression se décline en fusillades, prises d’otages, rafles et déportations. Vichy collabore pleinement : sections spéciales et police française traquent communistes et Juifs, livrés ensuite aux autorités allemandes. En 1944 encore, des centaines de détenus politiques sont remis aux nazis.
La déportation constitue l’ultime étape de cette violence. Les résistants arrêtés dans l’Aisne transitent majoritairement par le camp de Compiègne-Royallieu avant d’être envoyés dans les camps de concentration du Reich, lieux de travail forcé, de maltraitance et d’épuisement mortel. Près de 40 % des déportés-résistants du département ne reviennent pas.
Pour les Juifs de l’Aisne — 153 arrêtés dont le plus jeune avait 3 ans — la persécution mène presque toujours à la mort. Internés à Drancy puis dirigés vers Auschwitz-Birkenau, ils sont, pour l’immense majorité, gazés dès l’arrivée. L’extermination s’inscrit dans le projet nazi visant à anéantir les Juifs d’Europe, dont près de 6 millions disparaissent.
Tout au long de la Seconde Guerre mondiale, l’Aisne connaît ainsi, entre arrestations arbitraires, collaboration d’État et déportation de masse, une répression implacable qui emporte opposants, civils et familles entières, jusqu’à la Libération.