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Alors que les Alliés débarquent en Normandie le 6 juin 1944, la Résistance axonaise intensifie son action contre l’occupant. Depuis 1943, dans un contexte d’affaiblissement militaire de l’Allemagne, les mouvements clandestins se sont unifiés au sein du Conseil national de la Résistance et les Forces Françaises de l’Intérieur sont structurées sous l’autorité du général de Gaulle. Dans l’Aisne, cette organisation se traduit au moment de la Libération par la formation de cinq groupements F.F.I., chargés de coordonner sabotages et opérations armées.
Dès juin 1944, les destructions de voies ferrées, de lignes électriques, téléphoniques et de routes se multiplient, perturbant les communications allemandes et ralentissant les mouvements de troupes. Les maquis, installés dans les massifs forestiers ou les bocages du département, reçoivent parachutages d’armes et renforts. Les cheminots jouent un rôle décisif : renseignements sur les transports ennemis, retards imposés aux convois, permettant l’action conjointe des Alliés et de la Résistance.
Mais la recrudescence des actions locales entraîne une répression accrue : arrestations, déportations vers Royallieu puis l’Allemagne, attaques de maquis au mois de juillet 1917. À l’été 1944, les crimes de guerre se multiplient : à Tavaux-et-Pontséricourt, Braye-en-Thiérache, Plomion ou encore Etreux, villages incendiés, civils massacrés, maisons détruites témoignent de la radicalisation des troupes nazies en repli.
L’avancée alliée se fait progressivement : percée d’Avranches fin juillet, débarquement de Provence le 15 août, libération de Paris le 25. Le 27 août, les premières unités américaines entrent dans le sud de l’Aisne et progressent rapidement : Château-Thierry est libérée le 27, Soissons le 29, Laon le 30, puis Saint-Quentin et Hirson le 2 septembre. Le 4 septembre 1944 marque la libération totale du département.
Durant cette reconquête, les F.F.I. contribuent à harceler les troupes allemandes en repli, protéger les infrastructures et rétablir l’ordre républicain. Leur action, associée à celle des troupes alliées, fait de l’été 1944 un tournant décisif : celui de la fin de l’occupation et du retour progressif de la souveraineté nationale.