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2023.1.593, 2025.1.138.1 ET 2 – BRACELET ET LETTRES DE EDMOND MARTEL A SON EPOUSE PIERRETTE SECONDE GUERRE MONDIALE PAPIER, CUIR, METAL. COLLECTIONS DU MUSEE DE LA RESISTANCE ET DE LA DEPORTATION DE L’AISNE
Certains objets conservés dans les collections recèlent une force émotionnelle particulièrement intense, c’est le cas de ce bracelet et de ces lettres écrites par Edmond Martel. Employé à la SNCF à Laon en 1940, il a 39 ans quand il est interné au fort de Romainville le 9 avril 1943. Dix jours plus tard, il monte à bord d’un train et parvient à glisser une lettre à travers le plancher du wagon :
« Prière de faire parvenir ce mot à Mme Martel Pierrette, 42 rue Hachet, Laon – Aisne – Merci –
Je pars aujourd’hui de Romainville comme déporté politique. Je pense être dirigé sur Compiègne mais rien de certain. Tout va bien pour l’instant. Ne te fais pas de mauvais sang. Bon courage, ma petite chérie. Milles bons baisers et beaucoup de caresses aux petits.
Edmond »
A peine arrivé au camp de transit de Compiègne-Royallieu, il est déporté le 20 avril 1943 à destination du camp de concentration de Mauthausen dans le cadre de l’Aktion Meerschaum visant à déporter 35 000 hommes aptes au travail pour répondre aux besoins de main d’œuvre de l’économie du Reich. Peu de temps après son départ de Compiègne, alors que le train effectue un arrêt en gare de Laon, à quelques centaines de mètres de chez lui, de sa femme et de ses enfants, il parvient à nouveau à faire tomber un mot sur le ballast où il écrit :
« Ma chère Pierrette
Je passe bien près de vous : arrêt en gare de Laon. Aussi ma pensée va vers toi et les petits que tu embrasseras bien fort et pour toi mille baisers… vers l’Allemagne ne t’inquiète pas, et bon courage.
Edmond
Mme Martel, 42 rue Hachet Cité »
Arrivé au camp de Mauthausen, il reçoit le matricule n°28317 et se voit affecté au kommando de Loibl Pass le 15 juillet 1943. A près de 1000 mètres d’altitude, ses camarades et lui y participent au percement d’un tunnel devenu célèbre à travers l’ouvrage d’André Lacaze. En effet, à près de 1000 m d’altitude à la frontière slovène, ils durent affronter les coups des SS, le travail forcé et les hivers à -25°C. Libéré le 7 mai 1945, il sera rapatrié par Marseille le 6 juillet 1945, et pourra retrouver sa famille.